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De porteur de sable au Cameroun à Champion du monde UFC

Tout le Cameroun et l’Afrique entière rend hommage à Francis NGannou pour son titre de champion du monde poids lourds UFC, obtenu grâce à sa persévérance acharnée dans la pratique de son art.

Mais cela ne s’est pas fait sans énormes sacrifices. Découvrez le destin glorieux d’un sportif hors du commun.

Né le 5 septembre 1986 à Batié, au Cameroun, Francis Ngannou, pratiquant et professionnel d’art martiaux mixtes (MMA) est aujourd’hui nouveau champion du monde poids lourd de l’UFC (Ultimate Fighting championship), la plus importante ligue mondiale de MMA.

“Les gens viennent voir ma mère pour prendre des photos avec elle”. “Elle est devenue la reine du village”

L’histoire de Francis est une success story.

Après sa naissance, le boxeur connaît une enfance difficile. Deuxième d’une famille de cinq enfants, il est baladé de maison en maison après le divorce de ses parents alors qu’il n’a que six ans.

“Je changeais tout le temps d’école. Il m’arrivait même d’être transféré dans un autre établissement en cours d’année scolaire car j’étais hébergé chez un autre oncle”

, raconte-t-il. À l’âge de 10 ans, Francis commence un premier “petit boulot”, pas des plus faciles :

il travaille dans une carrière de sable dans son village natal, Batié, dans les hauts plateaux camerounais, pour payer sa scolarité. Un travail épuisant pour un enfant.

Quelques années plus tard, Francis s’installe à Douala, et, à l’âge de 22 ans commence la boxe dans un petit club de la ville.

“Je ne sais pas trop pourquoi. Ce sport n’est même pas connu au Cameroun”.

Très vite, il n’hésite pas à mettre en vente tous ses biens pour assouvir sa passion.

Le jeune homme cède sa moto pour s’acheter ses premiers équipements sportifs.

“Tout le monde me disait que j’étais fou. C’était du délire pour ma famille”,

explique-t-il d’une voix douce qui contraste avec sa carrure
Fan de boxe anglaise, et particulièrement de Mike Tyson, le Camerounais veut alors devenir un boxeur lui-même. Il débute tardivement la discipline à l’âge de 22 ans dans la ville de Douala.

C’est d’ailleurs avec l’intention d’en faire sa nouvelle carrière qu’il émigre en France en 2013, parmi un flot de migrants, à l’âge de 26 ans. Seul et sans argent, Ngannou vit comme un sans-abri dans les rues de Paris. Il est alors repéré par une association humanitaire nommée La Chorba qui le recueille. Au sein de l’association, il donne un coup de main pour la distribution des repas aux plus démunis.

La salle d’arts martiaux MMA Factory est d’ailleurs voisine de cette association et Ngannou espère alors pouvoir s’y entraîner.

Présenté à l’entraîneur principal, Fernand Lopez, par le directeur de l’association, le Camerounais impressionne par son physique et Lopez accepte de lui ouvrir les portes de sa salle gratuitement.

Ngannou commence alors à s’y entraîner en arts martiaux mixtes.

Son succès quasi instantané facilite sa régularisation.

En 2015, soit deux ans après ses débuts en MMA, il signe à l’UFC (Ultimate Fighting championship), la plus importante ligue mondiale de MMA. Le boxeur obtient un visa de travail aux États-Unis. Dans la foulée, il arrive à obtenir un titre de séjour temporaire en France.

Francis touche aussi ses premiers cachets. “La première fois, j’ai gagné 2 000 euros pour deux combats” – qu’il remporte par KO et “soumission”. Puis très vite, son salaire atteint des sommets.

Aujourd’hui, Francis touche environ 100 000 euros par combat, voire plus. En janvier 2018, le boxeur a gagné 440 000 euros pour une défaite face à l’ancien champion du monde en titre, Stipe Miocic.

Après sa revange victorieuse par K.O. sur Stipe Miocic, ce 28 Mars 2021 dans les locaux de l’Apex de Las Vegas, il devient ainsi le nouveau champion des poids lourds MMA.

Témoignage de Christophe sableur à Douala

” Francis NGannou est arrivé à Douala avec un esprit de conquérant. Il nous menaçait un peu avec ses muscles là avant de partir en aventure en France. Je n’ai pas dormi pour regarder le combat là et, lorsqu’il a gagné, c’est comme si je venais de gagner à Paris foot”

Par Felix Ndam

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